Antoine PerrierHistoire politique et sociale du Maroc et du Maghreb

Médaille de bronze du CNRS

Chargé de recherche CNRS au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (CHS, CNRS / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Antoine Perrier s’intéresse, depuis sa thèse, à l’histoire de l’État au Maroc et en Tunisie sous protectorat français. Il étend ensuite ses recherches à la période moderne, en développant une histoire de l’assistance aux pauvres du xixe siècle aux années des indépendances post-coloniales. Marqués par l’utilisation des humanités numériques au service de la recherche et le recours à des sources de langue arabe, ses travaux, menés depuis les deux rives de la Méditerranée, s’inscrivent dans les récents renouvellements des études maghrébines en France. 

Recruté au CNRS en 2021 à l’Institut de recherches et d'études sur les mondes arabes et musulmans (Iremam, CNRS / Aix-Marseille Université), Antoine Perrier rejoint en 2023 le Centre Jacques-Berque (CNRS / MEAE) à Rabat, pour deux ans d’expatriation. À son retour en 2025, il intègre le CHS. 

« Le fil rouge de mes recherches est l’histoire de la formation des États au Maghreb, et l’étude de leurs liens avec la société, en interrogeant plus particulièrement la singularité de la monarchie marocaine. » 

Son intérêt pour la région remonte à son travail de thèse, publié sous forme de livre en 2023. Ses recherches portent d’abord sur l’histoire de l’administration et des institutions locales au Maroc et en Tunisie sous protectorat français. Elles s’intéressent ensuite à l’histoire économique et politique de la zone internationale de Tanger et de la zone espagnole du Maroc, donnant lieu à la publication d’un second livre. Il prépare actuellement un autre ouvrage sur les relations entre pouvoir et pauvreté au Maroc aux xixe et xxe siècles.   

Correspondances, récits de voyages, chroniques dynastiques, hagiographies, dictionnaires biographiques… Arabisant, Antoine Perrier mène un travail de dépouillement des sources au Maghreb, en France et en Espagne, prenant soin de ne pas s’arrêter aux seuls documents en français. Le projet Tarima (2022-2024), qu’il a porté avec la Bibliothèque universitaire des sciences et civilisations (Bulac), a ainsi permis la numérisation, la mise en ligne et l’extraction de textes de manuscrits maghrébins. 

« Sortir d’un face-à-face exclusif avec la puissance coloniale permet de rapprocher les études maghrébines d’autres études aréales, comme celles portant sur l’Empire ottoman ou l’Égypte. » Cette ambition s’est notamment inscrite au sein du groupement d’intérêt scientifique (GIS) Moyen-Orient Mondes musulmans, où il codirige avec Choukri Hmed, professeur de sociologie à l’université Paris Cité, le programme « Maghreb 3D ». Avec pour objectif un triple décloisonnement — géographique, chronologique et linguistique — des études maghrébines, ce projet a donné lieu à l’organisation du Forum Insaniyyat Tunis 2022, à la mise en ligne d’un Portail des études maghrébines en France, et à la publication d’un  Livre blanc des études maghrébines (2023). 

« Cette récompense est un grand honneur et un encouragement pour les études sur le Maghreb. Le CNRS m’a offert très tôt la chance de m’inscrire dans plusieurs communautés complémentaires, de chercheurs travaillant au Maroc, d’historiens du monde arabe mais aussi de spécialistes d’histoire sociale. »