@Gaëlle Matata

Pauline DelageSociologie du genre et des violences de genre

Médaille de bronze du CNRS

Sociologue spécialiste des questions de genre et des violences faites aux femmes, Pauline Delage est chargée de recherche CNRS, au sein du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (Cresppa, CNRS / Université Paris Nanterre / Université / Université Paris 8). Ses travaux portent essentiellement sur les transformations de l’action publique contre les violences de genre, en se concentrant sur le rôle des mouvements féministes, des pouvoirs publics et de la recherche. Elle a travaillé sur différents contextes nationaux — la France, la Suisse et les États-Unis —, et leur comparaison. Publiante très active et attachée à la dimension collective de son travail de chercheuse, elle a contribué à faire reconnaître la notion de violence de genre au-delà du champ académique. 

Pauline Delage est recrutée en 2018 au CNRS, en tant que chargée de recherche au sein du laboratoire Cresppa. 

« Depuis ma thèse, je cherche à saisir la manière dont le genre, en tant que rapport social, est appréhendé, pensé et traité dans différents contextes. Je travaille ainsi sur les logiques de problématisation des violences de genre, parce qu’elles révèlent la manière dont les rapports de genre sont compris. » 

Dans cette même perspective, elle étudie également le renouvellement des féminismes dans le moment #MeToo et les modalités d’imbrication des rapports sociaux. Depuis 2024, elle mène une enquête sur la circulation de l’idée d’égalité de genre dans des sphères qui ne sont pas spécifiquement mobilisées sur cette question — contrairement, par exemple, aux mouvements féministes et aux institutions dédiées. 

Pauline Delage a publié plusieurs ouvrages et articles, et a coordonné des numéros de revue ; elle co-dirige également la collection « Le genre du monde » aux éditions La Dispute. Ancrant sa pratique de chercheuse dans une importante dimension collective, elle co-coordonne le réseau de recherche international VisaGe (Violences fondées sur le genre), qu’elle a cofondé en 2017. Elle cherche à faire résonner ses travaux au-delà du monde de la recherche, dans la sphère associative et auprès des pouvoirs publics, et est notamment membre de l’Observatoire Jeanne-Chauvin dont l’une des missions est de produire des études pour renforcer les recherches sur les droits des femmes.   

Ses travaux ont notamment permis de faire reconnaître la notion de violence de genre. « Le terme de violence de genre commence à s’imposer depuis une dizaine d’années, au-delà de la sphère anglo-saxonne. Il met en lumière la centralité du genre dans la production de la violence. » 

« Ce prix consacre la légitimation progressive de la sociologie du genre et de la notion de violence de genre. Je suis fière d’apporter ma pierre à cet édifice, patiemment construit par plusieurs générations de chercheuses avant moi. La recherche est nécessairement collective : elle est le fruit d’échanges continus avec d’autres chercheurs mais aussi le résultat du travail d’une grande diversité de personnels, qui mérite également d’être valorisé. »