Des capteurs inertiels à atomes froids sur puce
Les capteurs développés par le laboratoire Systèmes de référence temps-espace permettent de créer des équipements de navigation inertielle autonomes très stables, sans référence à un système mondial de satellites du type GPS. Les applications concernent les secteurs civils et de défense.
La navigation inertielle par centrale autonome détermine le mouvement d'un véhicule en mesurant les accélérations et les vitesses de rotation auxquelles il est soumis, sans avoir besoin d'une référence extérieure comme le système GPS de positionnement par satellite. Le laboratoire Systèmes de référence temps-espace
Après des années de développement, la technologie du laboratoire Syrte franchit une nouvelle étape avec le projet européen QuantaQuest, dont l'objectif est de mettre des technologies quantiques au service des applications de défense. Dans le cadre de QuantaQuest, les chercheurs vont travailler à l'intégration de capteurs inertiels à atomes froids sur une puce
Les capteurs inertiels à atomes froids sont basés sur l'interférométrie atomique. À l'image des interférences réalisées entre deux ondes optiques, il est possible de créer des interférences entre des ondes de matière. C'est ce qui est obtenu dans un capteur inertiel à atomes froids, à partir d'un nuage d'atomes de rubidium (ou de césium) refroidis par laser
Le principe du capteur inertiel à atomes froids a été validé et optimisé au laboratoire, et valorisé via la société Muquans. Les chercheurs ambitionnent maintenant d’en faire un système utilisable de manière opérationnelle pour la navigation, ce qui demande de l’intégrer sur une puce. Cette étude est menée en collaboration avec Thales Research and Technologies qui coordonne le projet QuantaQuest. Le laboratoire Syrte et Thales Research and Technologies coopèrent également sur ce thème au sein du projet ANR-Astrid Maturation
« Les défis sont nombreux, car les capteurs inertiels intégrés doivent répondre à de multiples contraintes : encombrement et poids limités, faible consommation d'énergie, résistance aux environnements sévères... tout en assurant le piégeage des atomes froids sans détruire leurs caractéristiques quantiques », indique Carlos Garrido Alzar, chercheur responsable scientifique du projet au laboratoire Syrte.
Les architectures de capteurs seront évaluées par modélisation et simulation avant d'être testées, et leurs performances seront validées avec une puce prototype. En fin de projet, la réalisation d'un démonstrateur devrait permettre d'effectuer des essais sur une application de terrain.